Le Gabou était une riche contrée au sol fertile où se développait l’élevage. Son voisin, le Fouta Djalon, repose sur un sol aride et pauvre. Au Gabou, les hommes sont robustes, bien campés et animistes, alors qu’au Fouta les hommes sont grêles /p. 236/ et chétifs ; l’Islam y est leur religion. Or les Peulhs convoitaient les richesses et les bras du Gabou ; de même ils désiraient se marier avec les Nianthios pour mieux asseoir leur pouvoir. Pour y parvenir, on tenta plusieurs expéditions contre le Gabou.

On dit que l’Almamy du Fouta, Ibrahima Diallo, aurait été conseillé par ses marabouts d’épouser la princesse mandingue Dianké Wali, fille de Dianké Wali, car de ce mariage devait naître un fils qui pourrait régner sur tout le Fouta, mais ce projet avorta, car il n’était pas dans les moeurs mandingues de mêler leur sang à celui des Peulhs, et le roi Dianké Wali s’opposa donc au mariage de sa fille. Devant ce refus, l’Almamy entra en colère et attaqua le Gabou.

Après la première tentative vaine, la province la plus proche du Gabou prit l’initiative d’une attaque repoussée par les guerriers mandingues. Pour harceler les Gabounkés, on songea à des entraînements pour le pillage confiés aux enfants appartenant aux hautes couches sociales, pour leur apprendre le métier des armes. À ces attaques mineures s’ajoutaient d’autres provocations. Ainsi les talibés sarakholés qui se trouvaient à Manda, décapitèrent trente mandingues d’un groupe qui comptait trente deux jeunes gens qui étaient chargés d’aller chercher des chevaux au Fouta, cela parce qu’ils étaient païens. Les deux jeunes épargnés retournèrent sur leurs pas et rendirent compte à Dianké Wali. Le roi, qui s’attendait à une grande attaque de la part du Fouta, mit en place plusieurs armées. La première, avec mille deux cents hommes, était divisée en trois groupes de quatre cents hommes. Le premier groupe fut massacré, le deuxième subit le même sort. Le troisième demeura intact. La deuxième armée comptait douze mille hommes, avec des éclaireurs comme Mamary Sané et Toura Sané. Mamary fut décapité.

Les deux armées se rencontrèrent à Troubang, nom qui signifie : « tout est anéanti ». Ce fut une bataille rude, acharnée et fort longue. Elle dura 16 ans et 6 mois, pendant lesquels le roi du Gabou fut le plus éprouvé. Sa capitale était assiègée, et ses meilleurs guerriers moururent ou furent mis hors de combat. Partout planaient la misère et le deuil, et la famine décimait les habitants. Ce fut alors le moment le plus critique de l’histoire du Gabou. Tout le peuple jura de chasser l’ennemi envahisseur ou de mourir sur place.

À la fin, quand il vit la défaite proche, le roi donna l’ordre de mettre le feu aux sept tatas qui défendaient la ville. À leur explosion, les guerriers assaillants et les défenseurs furent tous carbonisés. Tout le champ était jonché de cadavres d’hommes et de chevaux.

On dit que Dianké avait rassemblé toute sa famille et y choisit trois Princes et quatre Princesses, auxquels il dit « Pour ne pas voir notre race s’éteindre, vous allez vous sauver du côté de l’occident. D’après nos dieux, vous continuerez à régner dans ces pays lointains. Quant à moi, je sens que ma dernière heure est venue, car je ne m’enfuierai pas de la capitale de mes ancêtres ». Sur ce il monta avec ses femmes et le reste de ses enfants sur le tas de poudre et de munitions qui restaient et se fit sauter. Ce fut la fin du règne des Guélavars dans le Gabou. Des décombres surgit une jeune fille Nanthio, appelée Koumanthio, qui fut conduite devant l’Almamy celui-ci l’emmena au Fouta et la prit comme épouse. Ses femmes peules de peau blanche déménagèrent, en refusant de cohabiter avec une princesse mandingue à la peau noire. L’Almamy remercia, après la bataille de Troubang, le ciel qui lui avait donné Koumanthio. – avec Région de Sédhiou.

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