L’empire du Mali

Les origines du Mali sont peu connues. Il s’est probablement peu à peu constitué, de part et d’autre du fleuve Niger, en amont de l’actuel Bamako, à proximité des mines d’or du Bouré, dans l’actuelle Guinée. Le premier auteur à parler du Mali, El Bekri, y fait allusion en décrivant la conversion à l’islam de son roi vers le milieu du XIe siècle.

Avant d’être un empire, le Mali occupe un rôle pivot d’intermédiaire entre les tribus païennes du Sud de l’Afrique et les commerçants arabes et berbères du Nord. La zone malienne fournit – au nord – l’or du Bouré et les esclaves et – au sud – du sel et des produits méditerranéens.

Le passage d’intermédiaire commercial à une dimension politique impériale intervient au XIIIe siècle. Un chef de guerre connu sous le nom de Soundiata élimine l’adversaire le plus menaçant du Mali, le roi de Sosso, à la bataille de Kirina (1235) et annexe son royaume ainsi que l’ancien royaume du Ghana. Soundiata fonde un empire qui s’étend de la boucle du Niger, à l’est, aux mines d’or du Bouré et du Galam, vers l’ouest. Il semble qu’il ait établi sa capitale à Niani, à la frontière des actuelles républiques de Guinée et du Mali.

Après sa mort, vers 1255, se succèdent en trente ans trois de ses fils et un de ses petits-fils, souverains effacés et médiocres. Dans ce contexte d’affaiblissement du pouvoir en place, un affranchi de la famille royale, Sakoura, s’empare du pouvoir. Durant son règne, de 1285 à 1300 environ, ses armées étendent les limites du Mali jusqu’à l’Atlantique et à la Gambie côté ouest et jusqu’à Gao à l’est.

Après la mort de Sakoura, les descendants de Soundiata reprennent le pouvoir. Sous le règne de Kankan Musa (ou Moussa), plus connu sous le nom du Mansa Moussa (1312-1337), l’empire du Mali atteint son apogée. Il contrôle, directement ou indirectement, la majeure partie des peuples de la savane, de l’Atlantique au pays haoussa.

Les auteurs arabes racontent que lors de son pèlerinage à La Mecque, en 1324, Mansa Moussa emporta avec lui une dizaine de tonnes d’or, et que cet énorme afflux de métal précieux en fit baisser le cours pour de nombreuses années.

Moussa ramena avec lui toute une suite d’érudits, d’artistes, de commerçants qui contribuèrent à créer des liens durables entre l’Égypte et le Mali. C’est de cette époque que date la naissance du centre culturel de Tombouctou.

Après le règne du frère de Moussa, Mansa Souleiman (entre 1341 et 1360) le Mali entre en décadence. Mansa Maghan (entre 1360 et 1374) écrase le peuple d’impôts et gaspille les ressources de l’État. Son fils, Moussa II (entre 1374 et 1387), répare ces excès, mais la réalité du pouvoir appartient désormais à une administration incontrôlable. 

Aussitôt après le règne de Moussa II, l’empire se décompose. Les États vassaux se proclament indépendants, comme le Songhaï, tandis que les Mossi et les Touareg envahissent l’est du pays. À la fin du XVe siècle, le Mali est réduit à sa partie occidentale, du haut Niger à la Gambie.

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