“Il y a une ethnicisation et une esthétisation de l’art africain. L’art africain fini dans les vitrines de nos musées et s’expose comme des objets privés de sens, dé-sémantisé. C’est pourquoi je milite pour une restitution de l’art africain aux pays d’origine et surtout pour une resémantisation, c’est-à-dire travailler les pays à qui on veut restituer, pour qu’on reconstruise des discours dont ces objets ont été privés en même temps qu’ils ont été transférés. Ce n’est pas tout de rendre, il faut savoir bien rendre. François-Xavier Fauvelle

“Le travail de tout historien qui travaille sur l’Afrique c’est de rendre le passé disponible. Ensuite, les citoyens, les sociétés en font ce qu’ils veulent. Pourquoi l’histoire de l’Afrique devrait nous intéresser ? Ce n’est pas simplement parce que c’est intéressant, et ça l’est. Ce n’est pas simplement parce qu’il y a une variété de civilisations, ce n’est pas simplement parce que les chasseurs cueilleurs sont aussi nos contemporains. C’est aussi parce que les sociétés africaines ont emprunté des trajectoires que n’ont pas emprunté d’autres régions du monde ; et en particulier le refus de l’Afrique d’une homogénéisation. Il y a des choix économiques, politiques, qui visent plutôt la cohabitation, la symbiose économique et culturelle, la fabrique d’une très grande diversité qui est contre-intuitive si l’on a en tête que l’histoire de l’Europe qui homogénéise. En Europe il n’y a que des formations politiques centralisées, que des langues indo-européennes etc. Ce refus de l’homogénéisation est un trait absolument remarquable de l’histoire longue de l’Afrique. Il y a là une leçon d’histoire, car l’Afrique a emprunté d’autres formes d’histoire et cela éclaire l’histoire de l’Europe.  François-Xavier Fauvelle

Aux États-Unis les africains étaient mis en esclavage, après ils ont eu la ségrégation à partir de 1896, ils n’ont jamais été totalement chez eux, on leur a rappelé qu’ils étaient là par la volonté de quelqu’un d’autre. Ils voulaient pouvoir être libres sur un territoire et aux Etats Unis ça ne semblait pas possible. Donc quel autre territoire semblait possible ? Le territoire des origines, l’Afrique. Même si c’est un imaginaire qui est construit au fil des siècles puisqu’après cette déchirure de la traite transatlantique, on ne peut que construire à partir de la vie qu’on a sur la plantation, la vie qu’on a dans un quartier ségrégué et la vie qu’on a même aujourd’hui dans un ghetto africain-américain où on imagine cet ailleurs. Mais cet ailleurs c’est un possible, et ce possible donne de l’espoir dans une situation qui est chaotique. Sarah Fila-Bakabadio

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